Portrait d’artiste : Danielle Beck

Samedi, juillet 3, 2010


Danielle Beck, aux nattes cendrées ornées de perles, peint dans son atelier parisien, les yeux et le cœur tournés vers l’Afrique.

Au premier coup d’œil, vos œuvres nous frappent par la précision du dessin, le souci du détail, la justesse du mouvement, l’exactitude morphologique de l’animal. Votre hyperréalisme nous amène à dire que vous avez inventé le trompe-l’œil animalier. Vous auriez pu développer ce savoir sur l’homme ou autre sujet. Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir le thème animalier ?

Juste une petite correction, je ne me définis pas comme peintre hyperréaliste, à mon avis je suis RÉALISTE. L’hyper est une technique qui donne une œuvre finale un peu froide à mon goût. Si le réalisme est poussé à l’extrême par une netteté sur tous les plans, la personnalité de l’artiste disparaît ainsi que ses émotions. L’hyperréalisme est mieux approprié pour certains sujets :
carrosserie de voiture…

Je travaille de la même façon qu’en hyper, par couches successives de glacis et poils à poils. Lorsque j’ai tricoté le pelage de l’animal, je n’hésite pas à estomper certaines zones pour donner de la profondeur. C’est le même principe que l’on retrouve en photo, pour faire jaillir au premier plan un sujet, un arrière-plan flou le mettra en valeur.

Je m’attache à respecter l’anatomie des animaux. Je revendique la définition de « naturaliste » en ce qui concerne mon travail, les puristes le contesteront car je ne fais pas les dessins sur place. Avec beaucoup de bonheur Denis Clavreul ou Jean Chevalier, et bien d’autres, savent en quelques traits camper un animal en mouvement.

Le but est le même, je recherche les attitudes particulières à chaque espèce et leurs spécificités. La technique de la peinture à l’huile n’est pas applicable sur le terrain. C’est une technique lente. Un croquis ne me donnera pas les détails nécessaires à l’exécution d’une œuvre réaliste.

J’ai commencé par quelques natures mortes, les portraits me plaisaient mieux, mais le jour où j’ai peint ma première toile animalière, j’ai eu comme un flash. J’avais trouvé mon thème favori. J’aime à dire : ce sont les animaux qui m’ont choisie.

Jusqu’à ces derniers temps, la peinture animalière a perdu ses heures de gloire. L’art animalier a toujours été présent en sculpture, mais ne s’est pas développé en peinture.

Cet art s’est réduit à l’illustration descriptive du temps des grandes expéditions. Le dessin naturaliste s’est développé au XXe siècle avec Robert Hainard pour le plus connu..

La sensibilité à la Nature se développe actuellement, je souhaite réveiller cet Art Animalier oublié. C’est un art complet et exigeant. Je cherche à montrer la beauté, la puissance de la faune surtout des grands félins. Leur anatomie est adaptée à leur évolution, à leur caractère, il ne reste qu’à se laisser guider par eux et à les admirer.

Je les aime, même si la mode un jour doit passer, je resterai fidèle à ma passion. J’ai mis la main dans l’engrenage et je me fais dévorer entièrement avec plaisir. (…)