Portrait d’artiste : Brigitte Teman

Samedi, juillet 3, 2010

Pour moi, la forme parfaite est la sphère. Symbole de notre Terre mais également du ventre rond de la femme enceinte et donc de la vie et l’amour.


Choisir un métier comme dentiste qui requiert des années d’études pour décider ensuite de tout quitter pour s’adonner à sa passion, laisse rêveur. Comment en êtes-vous venue à la sculpture ?

Depuis l’enfance, l’Art sous toutes ses formes me séduit, me touche, me fascine. J’ai toujours aimé créer pour mes proches mais je n’avais jamais imaginé en faire un métier. Venant d’une famille de médecins, je me suis tournée naturellement vers des études médicales. Après le concours, j’ai choisi de m’orienter vers la dentisterie pour le côté manuel et précis du métier. Pendant les études, nous devions reproduire des dents au millimètre près dans des blocs de cire. Pour m’amuser je récupérais alors les restes de cire pour réaliser de minuscules animaux que je détruisais immédiatement pour ne pas me faire exclure des cours. Ce métier m’a appris la précision du geste et l’anatomie médicale avec les cours de dissection. Cela m’a permis de comprendre et visualiser les insertions musculaires. Autrefois les sculpteurs déterraient en secret des morts pour les disséquer et apprendre l’anatomie. Je l’ai fait dans le cadre de mes études et j’ai appris énormément pour la sculpture. Après quelques années d’exercice, j’ai eu un problème à la main et j’ai fait de la rééducation dans la terre… et la passion latente, s’est révélée au grand jour !

Ce choix décisif, l’avez-vous ressenti comme une folie ?

Pour beaucoup de proches, ce choix a effectivement été ressenti comme une folie, un caprice momentané mais pour moi c’était une évidence. Je ne pouvais plus continuer et passer à côté de ce cadeau. Je m’amusais follement. Mes mains exprimaient mes émotions, mes états d’âme. Mon inconscient parlait. J’étais troublée et fascinée. J’ai très rapidement décidé d’y consacrer tout mon temps pour apprendre, parfaire ma technique et surtout pour trouver mon style propre, mon écriture. En fait, le choix s’est naturellement imposé à moi. Je suis passée de « l’art dentaire » à l’Art « tout court ».