Editorial magazine n°4

Dimanche, mai 2, 2010

“Cet objet n’a pas le devoir d’exister, mais il en a le droit.”

Jacques Monod – Le hasard et la nécessité
prix Nobel de physiologie et de médecine en 1965.


L’espoir du droit à l’existence.


Alors que l’idée de l’extinction de l’espèce humaine nous serait insupportable, à un point tel que l’Homme se réclame le devoir d’exister, nous peinons à reconnaître aux autres espèces le droit de partager notre planète. Ce numéro s’attache à témoigner de l’espoir de préserver la biodiversité, le droit à l’existence.

Nicolas Philibert nous présente dans son documentaire une Nénette paisible, miroir de l’homme où, dans son regard, pourrait se lire notre propre nostalgie. Gérard Dousseau, Chef-Soigneur à la ménagerie du Jardin des Plantes, répond à nos questions concernant l’orang-outan si menacé et comment concilier son métier avec la nécessité de conserver certains animaux en captivité. Face à son bureau se trouve l’enclos des chevaux de Przewalski qui, après une extinction totale en milieu naturel, ont été réintroduits avec succès. Une installation d’Ariane Michel, artiste cinéaste, nous les présente en liberté à la Fondation
Ricard. Pour ceux qui souhaitent poursuivre leur découverte de la ménagerie, ce sera l‘occasion d’un face à face avec le panda roux. Animal dont l’histoire a inspiré l’un de nos artistes, Michel Halmos, au point de lui consacrer une bande dessinée. Il n’est pas question, ici, de rester fidèle à la réalité, mais surtout d’appréhender quelques notions élémentaires. Tous ces exemples, que l’on retrouve au Muséum, ne doivent pas nous faire oublier que la beauté animale est proche de nous. Bernard Vercruyce nous invite à redécouvrir le chat avec un regard naïf tandis qu’Edelgard Basalyk nous convie sous des cieux paisibles à tire d’ailes.


Laurent Piolé

Directeur de la publication


“Les ménageries ont toujours joué un rôle important pour les illustrateurs. C’est le cas de Joseph Wolf qui, déménage en 1878 afin d’être plus près de la ménagerie de la Société zoologique de Londres. Pour lui, un illustrateur travaillant seulement sur des dépouilles naturalisées aurait bien des limites dans son art : Il est impossible pour un homme de muséum de
connaître la vraie couleur des yeux.”

Valérie Chansigaud
Histoire de l’illustration naturaliste
Delachaux et Niestlé



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