Coup de coeur : Gianmaria Buccellati

Dimanche, mai 2, 2010

“Le bestiaire d’un orfèvre”

Un célèbre marchand de perles lui a présenté une très grande perle naturelle. C’était une pièce exceptionnelle de 117,1 carats qui provenait d’un grand coquillage, le Strombus Gigas, pouvant atteindre trente centimètres et que l’on trouve le long des côtes de Floride et des Antilles.
Quand un objet irritant passe à l’intérieur de la coquille, le mollusque réagit en entourant l’objet d’une couche de carbonate de calcium sous la forme d’aragonite ou de calcite. Ce mélange est appelé nacre. C’est ainsi que naît la perle. “Pour son malheur, mais pour mon bonheur, commente Gianmaria Buccellati, le Strombus Gigas avait été envahi par au moins 17 corps étrangers !…
Je suis tombé amoureux de cette perle sans savoir comment j’allais l’utiliser !” précise Gianmaria Buccellati, mais “Je savais qu’un tel chef-d’œuvre de la nature ne pouvait rester sans un encadrement digne de lui.

C’est ainsi que Gianmaria Buccellati a commencé à réunir les perles baroques aux formes et aux dimensions extraordinaires. Toute nouvelle proposition de perles hors du commun le comble de joie. “Je pouvais donner libre court à mon imagination !

Découvrons un exemple de ces bijoux. Il y en aura bien d’autres dans le magazine…
Le Panda. La tête, les pattes et les bras sont constitués de 214 brillants de 1,46 carats, de 362 roses de diamants de 2,36 carats et de deux brillants jaunes de 0,10. Son corps est une perle de 39,86 carats.
Le regard du panda sur les deux petites branches traduit de l’attention et de l’amusement tout à la fois. Une merveille ! Les Chinois ont souvent eu un rapport très pratique avec le monde animal, bien loin du mysticisme et de la superstition. Selon le livre saint des chants, le premier zoo en Chine fut le parc de l’intelligence, (1050 av J.C.) : là, l’empereur Wu-Wang gardait des animaux rares et exotiques pour les offrir à ses amis. On raconte que les empereurs du Japon ont reçu des empereurs de Chine en 685 av JC des ours blancs. Ce n’est que bien plus tard qu’on les qualifia de Panda. Le Panda est demeuré au fil des siècles un instrument au service de la politique étrangère : la diplomatie dans les années soixante offrait des pandas aux pays amis. Pourquoi ne pas imaginer que le Panda de Gianmaria Buccellati fut acheté par un diplomate ? Nous n’en saurons rien car jamais Buccellati ne communique le nom de ses clients !