Bande dessinée : Découvrez en exclusivité la première Bande dessinée du magazine Art Animalier par Michel Halmos

Dimanche, mai 2, 2010

Michel, dans les pages qui suivent, vous nous présentez une bande dessinée. Parlez-nous de votre démarche.

Je souhaite avant tout faire des choses imaginaires. Ce qui m’intéresse, ce n’est pas forcément de raconter des faits qui se sont passés, mais expliquer les principes de base, ce qui perturbe un équilibre écologique.
Par exemple, la première histoire que vous allez découvrir,
est inspirée de l’histoire du petit panda, car lorsque les explorateurs Anglais ont découvert le petit panda, au XIXe siècle, ils étaient convaincus que c’était une espèce carnivore à cause de sa dentition. L’animal présenté au British Muséum était en train de dépérir. C’est par le plus pur des hasards qu’ils ont découvert qu’il mangeait des bambous.

En inventant ainsi mes personnages, je me dédouane de la réalité pour tendre vers une généralité.
Selon moi le plus grand désastre écologique vient de l’ignorance. C’est donc ce que je tente de combattre à ma manière.

Un petit déséquilibre peut avoir de grandes conséquences sur un environnement. L’effet papillon…

Par exemple lorsque l’on souhaite lutter contre une espèce nuisible ?

Il y a, alors, forcément prolifération d’une autre qui devient dangereuse car elle n’a plus de prédateurs ce qui remet en cause tout l’équilibre naturel si précaire. Le problème vient que l’on ne regarde pas plus loin que le bout de son nez. C’est d’ailleurs ce que condamnent tous les plus grands écologistes : une vision à court terme.

Regardez mon skinnie, il est adorable, on dirait une peluche, alors on cherche à le caresser, mais, après, il est tellement imprégné que l’on ne peut pas le relâcher dans la nature. Il pourrait être renié par ses parents ou son clan comme un oiseau tombé du nid. Vous rendez-vous compte des conséquences notamment pour une espèce en voie de disparition ?

Une peinture aussi imagée me permet d’aborder différents grands principes, ce qui ne pourrait être le cas si je souhaitais rester fidèle à l’histoire du panda. J’essaye plutôt de faire passer mon message auprès des enfants : voir plus loin que le bout de leur nez.

“Ensemble, ils pourront à nouveau affronter la vie en liberté”. Vous pouvez détailler ?

Imaginez que l’on adopte mon skinnie, il n’aura plus le comportement naturel pour être en relation avec les autres membres de son espèce. Ensuite, il sera très difficile de le remettre dans son milieu naturel. L’équilibre social entre les animaux est très important ! C’est toujours un véritable dilemme : intervenir ou ne pas intervenir !

À l’heure où l’on parle de la réouverture du Zoo de Vincennes, prévue pour 2014, êtes-vous donc farouchement opposé au maintien de certaines espèces dans les parcs animaliers ?

Absolument pas, n’oublions pas que les parcs animaliers adhèrent maintenant à des programmes de réintroduction et que nous ne présentons plus du tout les animaux de la même manière. Il y a encore certainement des progrès à faire, mais les zoos ont pris conscience de l’importance de leur rôle dans le maintien de la biodiversité, mais aussi de la nécessité de tenir compte du bien-être de l’animal.


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