Interview exclusive : Marc Jolivet
“Contrairement à celles tristement célèbres du passé, seule une dictature écologique pourra sauver l’avenir de l’humanité.”
Aujourd’hui, vous mesurez le chemin parcouru depuis 1976 ?
Incontestablement les mouvements écologistes ont fait avancer les choses. Par exemple, on me dit souvent : vous êtes contre le nucléaire et pourtant depuis les années soixante, il ne s’est rien produit à part Tchernobyl. Je leur réponds : on sous-estime sans doute le nombre de morts causées par le drame de Tchernobyl et heureusement que les écologistes ont su être vigilants et attentifs, car peut-être que sans leur mise en garde contre le nucléaire, d’autres tragédies auraient eu lieu.
D’autre part, il a fallu l’engagement citoyen de gens comme José Bové pour mettre le doigt sur la mauvaise utilisation des OGM : merci José d’avoir été en prison pour cette cause.
Par contre, je fais la part des choses, je ne suis pas contre le progrès, ni l’évolution technologique. Mais, il faut rester constamment vigilant.
Êtes-vous déçu par Copenhague ?
Il ne faut pas dire Copenhague, mais Copenblague. Mais là encore, il faut faire la part des choses. On peut déjà se féliciter de l’organisation d’un sommet sur le réchauffement climatique avec 193 pays participants. C’est la preuve d’une prise de conscience planétaire et c’est en soi un pas formidable.
Mais bien sûr, ce n’est pas suffisant.
Que croyez-vous qu’il faille faire ?
Dans l’avenir, je ne vois qu’une dictature écologique. Il y a un temps pour la démocratie et aujourd’hui, ce n’est plus le moment. Contrairement à celles tristement célèbres du passé, seule une dictature écologique pourra sauver l’avenir de l’humanité.
